À partir des années 1940, la personne et l'œuvre de Malcolm de Chazal s'imposent dans la littérature mauricienne, formant un monument incongru et mystérieux, incontournable, mais toujours contemplé à distance, avec le soupçon de se trouver face à une mystification ou au témoignage de quelque folie.Aujourd'hui encore, cette œuvre donne le sentiment d'un météore traversant le ciel mauricien, illuminant de son éclat bizarre ses lecteurs choisis.Elle peut agacer aussi par ce qu'on y sent d'artifice : Chazal a construit méthodiquement son personnage de Salvador Dali austral.Un article du journal mauricien Advance (" Comment devenir un génie ? ", dans le numéro du 13 juillet 1965) donnait les principes essentiels :
1. Se prendre terriblement au sérieux, et en même temps jamais au sérieux ;
2. Si on rit de vous dans les rues, ne jamais rire des autres - ils n'en valent pas la peine !
3. Quand on est dans un restaurant, avoir autant d'amitié pour les boys que pour le patron ;
Etc., etc.
Quoi qu'il en soit, fascinant ou irritant, Malcolm de Chazal marque le paysage littéraire mauricien moderne, au point qu'il est peu d'écrivains de l'île qui aient échappé à son influence.