Introduction
La situation linguistique de l'île Maurice, héritage de l'histoire de son peuplement, est assez complexe.On souligne souvent que l'on peut énumérer dix-sept ou dix-huit langues (le chiffre dépend des enquêtes consultées) qui y sont en usage.En fait, quelques unes de ces langues (des langues indiennes) ne sont pratiquées que par des groupes très restreints.Il reste cependant au moins huit langues qui jouent un rôle réellement important dans la vie mauricienne : outre le français, le créole et l'anglais (qui sont les plus visibles et audibles), il s'agit de l'hindi, du tamoul, de l'urdu, du bhojpuri (sorte de créole à base hindi) et du chinois, dans deux variantes principales, le cantonais et le hakka.Dix-huit langues, ou même huit langues, c'est beaucoup pour une population qui, en 1990, ne dépasse que de peu le million d'habitants...
La plupart de ces langues sont réduites à un usage familial, intime, identitaire : on s'en sert à l'intérieur de communautés de même origine ethnique et culturelle.Mais la plupart, sinon la totalité des Mauriciens sont bi- ou multi-lingues.Ils maîtrisent, outre leur langue maternelle, une ou plusieurs des langues qui permettent la communication à travers toute l'île, c'est-à-dire le créole, le français et l'anglais.Le créole, dans ses emplois oraux (son écriture est un phénomène encore très récent), est utilisé par plus de 95 % de la population : autant dire qu'il constitue la langue majoritaire de Maurice, permettant l'intercompréhension et l'intégration des diverses communautés insulaires.Le français et l'anglais sont les langues de la vie moderne, du prestige social, de l'ouverture sur l'extérieur.
