Personnage hors du commun, Jean-Joseph Rabearivelo domine la scène littéraire malgache de la première moitié du siècle.Fou de livres et de littérature (il éprouvait pour la chose écrite la passion dévorante de l'autodidacte), il a voulu explorer les voies d'une littérature en malgache qui soit vraiment moderne et en même temps illustrer son pays par une œuvre littéraire en français.
Né dans les premières années de la domination coloniale, il s'est trouvé prisonnier de sa situation marginale ( socialement, car sans fortune personnelle et condamné aux maigres revenus de son métier de correcteur d'imprimerie ; ethniquement, car un " intellectuel " malgache était nécessairement écartelé entre ses origines malgaches et sa culture européenne acquise). Rabearivelo a réagi en se construisant un personnage et une légende.Il notait dans son journal intime (à la date du 10 janvier 1934): J'aurai ma légende. Une légende qui sera à souhait grossie et à souhait aussi, à grands coups d'érudition, ramenée à ses justes proportions.