Deux langues bénéficient d'un statut officiel à Madagascar : le malgache et le français.La langue maternelle des quelque onze millions d'habitants actuels est le malgache, que les linguistes ont classé dans la famille des langues malayo-polynésiennes et qui présente, malgré des variations dialectales reconnues et parfois soulignées, une indéniable unité linguistique.Le français est arrivé avec les voyageurs, les missionnaires, les traitants mauriciens et réunionnais, les colonisateurs.D'autres langues ont pu jouer, à différentes époques, des rôles importants : l'anglais avec les missionnaires protestants du XIXe siècle, l'arabe, en des temps beaucoup plus reculés, quand l'islam était implanté sur les côtes, et bien évidemment les langues de minorités installées dans le pays (comorien, langues indiennes, chinois, etc.).
La littérature de Madagascar s'est déployée en malgache et en français (et de manière plus marginale en anglais).On distingue parfois une littérature d'écrivains, dans l'une et l'autre langue, réservée à des spécialistes forts de leur maîtrise de l'écriture et de la langue, et d'autre part une littérature faite par tous, ou plutôt pratiquée par tous, car orale et portée par le jeu social et mêlée à la trame quotidienne de la vie.Distinction commode, mais sans doute fragile : la mémoire et l'écriture se conjuguent et s'épaulent depuis bientôt deux siècles.On confie à l'écrit le soin de noter et fixer des textes importants, qui peuvent être réinsérés et récupérés dans des transmissions orales parallèles.Il reste que la littérature de transmission orale est, comme partout, menacée par les transformations sociales actuelles.