Premier millénaire. Débarquement, sans doute par vagues successives, des ancêtres des Malgaches.L'hypothèse d'un peuplement originel d'aborigènes (identifiables aux " vazimba " de la tradition malgache) n'a plus guère de partisans.Les Proto-Malgaches venaient d'Indonésie et d'Afrique, sans que l'on puisse encore reconstituer avec certitude leur itinéraire : traversée directe de l'océan Indien sur de grands navires, et ensuite razzias sur les côtes d'Afrique, ou bien arrivée en pirogues à balancier, en longeant les côtes du sud de l'Asie, puis de l'Afrique.On tend à penser aujourd'hui que les côtes du nord et du nord-est de l'île ont été le creuset où la rencontre d'Indonésiens et de Bantous a forgé le peuple malgache.Un certain nombre de ces Proto-Malgaches étaient islamisés, comme l'ont démontré les recherches archéologiques.
L'obscurité qui entoure l'origine des Malgaches a favorisé les spéculations hasardeuses des historiens et les rêveries des littérateurs.
XIIe siècle.
Premières installations des Antalaotra (" les gens de la mer "), islamisés parlant swahili, venant d'Afrique et des Comores, qui vont tenir pendant plusieurs siècles des établissements de commerce sur la côte nord-ouest.
La mosquée la plus ancienne de Madagascar a été localisée à Mahilaka, en face de Nosy Be.D'autres comptoirs ont été par la suite florissants, comme Kingany, dans la baie de Boina ou Nosy Manja, à l'embouchure de la rivière Mahajamba, que visitèrent et pillèrent, au XVIesiècle, les navigateurs portugais.
XIVesiècle.
Les migrations vers l'intérieur de l'île se font de plus en plus nombreuses, cependant que continuent les arrivées d'immigrants sur les côtes.On pressent que se mettent en place des systèmes de pouvoir originaux.Des dynasties émergent, dont les chroniques ont maintenu le souvenir.
Début du XVIesiècle.
La plupart des groupes humains malgaches que l'on recense aujourd'hui ont une existence autonome et un territoire.
1500.Le navigateur portugais Diogo Dias reconnaît les côtes de Madagascar (qui reçoit alors le nom d'île Saint-Laurent).
Malgré leurs efforts, au long du siècle, les Portugais ne parviennent pas à ruiner les comptoirs antalaotra, pour y substituer leur monopole commercial.Un de leurs navires s'échoue en 1527 : les marins survivants traversent le sud de l'île.
Hollandais et Anglais tentent, sans succès durable, d'installer des colonies, à la baie d'Antongil et sur la côte sud-ouest.
Au long du XVIe siècle.
des royaumes s'affirment.Les dynasties organisant les peuples Bara, Antandroy, Mahafaly et Sakalava tirent sans doute leur origine des Zafi-Raminia (islamisés d'origine imprécise, installés sur la côte sud-est).Les Antaimoro, d'abord sur le petit fleuve Matitana, essaiment vers la forêt en réunissant les clans Tanala.
1575(?)-1610(?).
Règne du roi Ralambo, sur les Hauts Plateaux du centre de l'île, où se sont installés des immigrants récemment arrivés d'Indonésie, les Hova, qui ont peu à peu réduit les premiers occupants, les Vazimba, essentiellement pêcheurs de rivières et de marais.Ralambo dote son peuple et le pays qu'il occupe de noms nouveaux : " Merina " et " Imerina ".Il institue le système des castes, rompt le tabou sur la viande de bœuf, modernise l'armement (introduction du fusil).Son fils Andrianjaka s'empare d'Analamanga (" la forêt bleue "), colline occupée par les Vazimba et dominant la grande plaine du Betsimitatatra : elle devient Antananarivo (" la ville des mille ").Les marais commencent à être transformés en rizières.
XVIIe siècle.
Le petit royaume sakalava, d'abord limité à la basse vallée du fleuve Mangoky, sur la côte sud-ouest, s'étend plus au nord dans la plaine du Menabe, puis au nord-ouest vers le Boina.Les deux royaumes sakalava ainsi formés sont les plus puissants de l'île.L'archéologie a montré que la ville d'Antsoheribory ou Boeny (que les Français appelaient d'un terme swahili " Nouveau Masselage ") comptait de six à sept mille habitants.
1642.
Pronis, commis de la Compagnie des Indes, s'installe sur la côte sud-est.En 1643, sur l'ordre de Richelieu, il fonde Fort-Dauphin, comme escale sur la route des Indes.Son successeur, Flacourt, séjourne de 1648 à 1655.Il publie en 1658 une "Histoire de la Grande Ile Madagascar", comprenant un dictionnaire de 3 500 mots malgaches : cet ouvrage sera pendant deux siècles la source la plus riche des connaissances sur Madagascar et ses habitants.
Sous les gouverneurs suivants, les relations avec les Malgaches connaissent des vicissitudes diverses.Ceux-ci ne se laissent pas facilement convertir au christianisme.Des missions de reconnaissance se dirigent vers l'intérieur et vers le sud.
1664.
La nouvelle Compagnie des Indes Orientales, fondée par Colbert, se tourne surtout vers l'Inde et se désintéresse de l'établissement de Madagascar.Après le massacre de la garnison de Fort-Dauphin en 1674, les survivants s'embarquent pour l'île Bourbon, alors déserte.
Dès la fin du XVIIesiècle,
des pirates français et anglais, souvent repliés de l'Atlantique, fréquentent les côtes malgaches (surtout l'île Sainte-Marie et la baie d'Antongil).Le Français Misson fonde (vers 1693 ?) l'éphémère république égalitaire de Libertalia, installée dans la baie de Diégo-Suarez.
Début du XVIIIesiècle.
Ratsimilaho, fils métis du pirate anglais Tom Tew, fonde, sur la côte est, le royaume des Betsimisaraka (" les nombreux inséparables ").Ce royaume devait se fractionner par la suite, mais les Betsimisaraka lancèrent longtemps des expéditions en pirogues pour aller razzier les Comores et même les côtes africaines.
1675(?)-1710(?).
Règne d'Andriamasinavalona, qui laisse le souvenir d'un des plus grands rois de l'Imerina.Il agrandit le royaume et réorganise son administration, en le partageant en quatre grandes régions.Mais il a mis à la tête de chacune d'elles l'un de ses fils.Dès avant la mort du roi, la partition du royaume se dessine, et au XVIIIe siècle, l'Imerina est divisé en quatre royaumes qui se combattent et sont victimes des razzias des voisins, Sakalava et Sihanaka.
Au cours du XVIIIesiècle,
d'autres groupements malgaches manifestent leur cohésion : les quatre royaumes betsileo, au sud de l'Imerina ; l'Imamo et le Vakinankaratra, deux royaumes d'origine hova, à l'ouest et au sud du pays merina ; les Tsimihety (dont le nom - " ceux qui ne se coupent pas les cheveux " - atteste peut-être le goût de la liberté), installés au nord-est de l'île.
1750.
La cession de l'île Sainte-Marie à la France (par la reine Beti, fille de Ratsimilaho) souligne la persistance des visées françaises sur la Grande Ile.
1768-1771.
Le comte de Modave tente de réanimer l'établissement de Fort-Dauphin, dans une expérience de colonisation inspirée des principes des philosophes.
1774-1786.
Un aventurier, le baron de Benyowski, qui s'était fait octroyer la mission officielle de réaffirmer l'autorité du roi de France sur Madagascar, s'installe à la baie d'Antongil.Il se fait proclamer " empereur de Madagascar ".Il est finalement tué par un détachement envoyé de l'île de France, où l'on s'inquiétait de ses manœuvres.
Cependant Benyowski a favorisé les voyages de traitants français vers l'intérieur.Nicolas Mayeur accomplit plusieurs voyages, en 1774, 1777, 1785 : il fut le premier Européen a pénétrer en Imerina, dont il admira " les lumières " [les capacités intellectuelles] et " l'industrie " [l'activité économique].
Vers 1785.
Le neveu du roi d'Ambohimanga (un des quatre petits souverains de l'Imerina) usurpe le trône et réussit ensuite, par de longues guerres, à éliminer les autres rois et à rétablir l'unité de l'Imerina.Il prend le nom d'Andrinampoinimerina (" le seigneur au cœur de l'Imerina ").Il impose une autorité absolue, établit une administration solide, réorganise l'armée, apporte la prospérité en développant la riziculture (le système des digues est restauré).Les relations avec les traitants européens sont limitées à l'achat de fusils en échange d'esclaves.Le roi étend son domaine royal en soumettant l'Imamo, le Vakinankaratra et trois des royaumes betsileo.À sa mort, il laisse à son fils la mission de continuer l'unification politique de l'île : " la mer sera la limite de ma rizière ", déclare son testament.
1810.
Radama Ier succède à son père Andrianampoinimerina.Aidé par le gouverneur de l'île Maurice, Farquhar, soucieux d'empêcher le rétablissement des comptoirs français, Radama entreprend la conquête de l'île.En échange de sa renonciation au commerce des esclaves, il reçoit des armes et une assistance militaire anglaise.Il s'empare de Tamatave en 1817, du Menabe en 1822 ; il contrôle le pays betsimisaraka en 1823, le Boina en 1824 ; il occupe les royaumes antaimoro et antaisaka, le comptoir de Fort-Dauphin et l'extrême-nord.Les Français ne disposent plus que du comptoir de l'île Sainte-Marie.Occupation directe et système de protectorats (seuls les peuples de la pointe sud de l'île et une partie des Sakalava demeurent indépendants) lui permettent de revendiquer (dès 1817) le titre de " roi de Madagascar ".
Radama Ier entreprend une modernisation systématique du royaume : ouverture d'écoles avec l'aide des missionnaires anglais ; transcription de la langue malgache en caractères latins et traduction de la Bible ; introduction de technologies nouvelles (fabrication des briques, charpenterie, tannage, etc.) ; diffusion du costume à l'européenne...Mais le roi meurt brusquement en 1828.
1828.
Accession au trône de Ranavalona Ire, veuve de Radama Ier, soutenue par l'oligarchie des chefs de clans, qui est plutôt hostile aux nouveautés.Les missionnaires sont chassés, les chrétiens persécutés.Français et Anglais réagissent en envoyant leurs escadres bombarder Tamatave (1845), mais ils ne parviennent pas à rompre l'isolement volontaire du royaume malgache.Celui-ci s'est organisé, en limitant le commerce avec l'extérieur, en fabriquant sur place un certain nombre de produits industriels : fusils, canons, poudre, verre, faïence, produits chimiques, savon, soie, etc.Le Gascon Jean Laborde, créateur des hauts fourneaux de Mantasoa, est le principal artisan de cette politique d'autarcie industrielle.Il construit pour la reine le grand palais de Manjakamiadana (" le Palais de la Reine ") de Tananarive.
Le pouvoir écrase les révoltes des Antaisaka et des Antanosy, mais ne parvient pas à réduire Sakalava ni Antandroy.La fin du règne voit se durcir la persécution des chrétiens : les accusations de complot et les mises à l'épreuve du poison rituel (le tanguin) se multiplient.Tous les Européens sont expulsés.
1861.
Mort de Ranavalona Ire.Son fils Radama II lui succède.Il ouvre toutes grandes les portes du royaume aux influences étrangères.Les missionnaires reviennent.L'homme d'affaires français Lambert se fait attribuer des pouvoirs économiques exorbitants.L'oligarchie, inquiète de l'européanisation à marches forcées, fait étrangler le roi (1863).
1863-1868. Règne de Rasoherina.
1868-1883. Règne de Ranavalona II.
1883-1896.
Règne de Ranavalona III.
Le pouvoir effectif est exercé par le Premier ministre, Rainilaiarivony, mari successif des trois reines, très habile politique.
1869.Conversion de la reine et du Premier ministre au protestantisme.
1881.
Adoption du " Code des 305 articles " qui, tout en respectant la tradition, introduisait des novations remarquables : réforme de la justice, abolissant le poison d'épreuves ; suppression de la polygamie ; instauration de l'état-civil.Les bases d'un État et d'un gouvernement modernes étaient créées.Des fonctionnaires administraient les villages.L'enseignement, confié aux missions, devenait obligatoire.
1883.
Un conflit éclate avec la France.Celle-ci prétend faire respecter des droits anciens, les catholiques dénoncent les anciennes persécutions religieuses, les Réunionnais voient dans la Grande Ile le lieu idéal de leur expansion.Les Français occupent Majunga et Tamatave.Le traité de 1885 établit un statut de quasi-protectorat, avec un résident français à Tananarive, qui " préside aux relations extérieures ".L'Angleterre reconnaît le " protectorat français " en 1890, mais le Premier ministre défend l'intégrité de son pouvoir.Le désordre gagne, d'autant plus que la France encourage le séparatisme des Sakalava (dès 1841, l'île de Nosy Be s'était placée sous la protection de la France).
1894.Après un ultimatum adressé au Premier ministre, la Chambre des Députés française vote une expédition militaire.
1895.
Débarquement à Majunga des troupes françaises.La marche vers la capitale merina est considérablement ralentie par la mauvaise organisation de l'expédition et par les fièvres (6 000 morts sur les 15 000 du corps expéditionnaire).Le 30 septembre, Tananarive est occupée, le Premier ministre exilé, la reine maintenue sous la tutelle d'un protectorat effectif.
Mais le chaos gagne le pays.Les peuples soumis par les Merina s'émancipent.Une insurection populaire (le mouvement des Menalamba) embrase les campagnes, au nom de la tradition, contre les innovations modernistes et la mainmise étrangère.
1896.
Le Parlement français vote l'annexion de Madagascar en tant que colonie.L'esclavage est aboli (ce qui contribue à détruire le fondement économique du pouvoir de l'oligarchie).Galliéni est envoyé dans l'île, avec les pleins pouvoirs civils et militaires.Il fait fusiller deux ministres, exile la reine, entame une lutte sans merci contre les "fahavalo" (les rebelles qui font régner l'insécurité dans les campagnes), en s'appuyant sur les villageois.Le colonel Lyautey pacifie le Sud.Une dernière révolte, dans le Sud-Est, est brisée en 1905.L'unification de l'île, commencée avec Andrianmpoinimerina, est alors réalisée, mais sous domination étrangère.
Galliéni entreprend d'organiser le pays, en créant des cadres administratifs et une justice indigènes, en instituant un enseignement laïque, chargé de promouvoir la langue française (devenue obligatoire), en faisant lever un impôt direct, lourd, supposé inciter les sujets malgaches à redoubler d'ardeur au travail.Un chemin de fer (Tamatave-Tananarive) est entrepris ; des routes sont tracées ; les villes modernisées.Galliéni fonde l'Académie malgache (1902) pour l'étude de la langue et de la civilisation malgaches.
1905-1945.
Les gouverneurs qui succèdent à Galliéni sont des grands commis qui veulent promouvoir le développement économique de Madagascar : introduction de cultures nouvelles, modernisation des voies de communication, recherches minières.Mais la colonisation ne parvient pas à réaliser l'assimilation à laquelle Galliéni avait pu rêver.Les deux sociétés (les Malgaches, sujets soumis au code de l'indigénat ; les Français, imbus d'un complexe de supériorité coloniale) vivent sans communication réelle.En 1939, cependant, une minorité de Malgaches (8 000 personnes) aura pu accéder à la citoyenneté française.
1915.
Complot de la V.V.S. ("Vy Vato Sakelika"), à l'École de médecine de Tananarive.Il est durement réprimé.Les prétendus meneurs sont exilés.
1920.
1940-1945.
Les autorités françaises de Madagascar se rallient d'abord à Vichy.Les Anglais débarquent à Diégo-Suarez en 1942 et occupent l'île.Ils la remettent aux gaullistes en 1943.Ceux-ci tentent d'intégrer Madagascar à l'effort de guerre, en pratiquant des réquisitions et en instituant un " Office du Riz ", politique vite impopulaire et qui réveille le nationalisme.
1945.
Création d'un Conseil Représentatif, comprenant autant de membres français que malgaches (ceux-ci sont élus par les notables) et ayant pouvoir de voter le budget.
À la fin de l'année, Madagascar désigne quatre députés, dont deux Malgaches, à l'Assemblée constituante française.Ce sont deux nationalistes qui sont élus.
1946.
Création du M.D.R.M. (Mouvement Démocratique pour la Rénovation Malgache), parti politique de tendance nationaliste.Contre lui, les autorités coloniales soutiennent le P.A.D.E.S.M.(" Parti des Déshérités de Madagascar "), réunissant des côtiers et des anciens esclaves, inquiets de voir s'imposer un " pouvoir merina ".
Ce sont trois députés M.D.R.M. qui sont élus pour représenter Madagascar à la nouvelle Assemblée nationale française.
1947.
Dans la nuit du 29 au 30 mars, une " rébellion " éclate, en divers points de l'île.Si Diégo-Suarez et les Hauts Plateaux suivent mal le mouvement, celui-ci enflamme toute la côte est.Les désirs nationalistes et la nostalgie de l'indépendance perdue ont sans doute été ranimés par l'action du M.D.R.M., mais les manœuvres provocatrices de certains cercles coloniaux sont probables.La rébellion piétine, mais parvient à durer plusieurs mois dans les régions isolées de la forêt.La répression est rude : on estime qu'elle a causé, directement ou indirectement, plusieurs dizaines de milliers de morts.
Tenus pour responsables, les députés malgaches à l'Assemblée française sont condamnés à de très lourdes peines, après un procès inique.
1954.
Une amnistie est votée.Après le choc des événements de 1947, l'évolution politique reprend : il est de plus en plus clair que le statut colonial est condamné à se transformer, voire à disparaître.
1958.
Proclamation le 14 octobre de la République malgache.Philibert Tsiranana, fondateur du Parti Social-Démocrate, est élu Président de la République.
1960.
Proclamation le 26 juin de l'indépendance de Madagascar.
1972.
Des grèves scolaires et des manifestations de jeunes précipitent la chute de la Ire République malgache.Le régime du président Tsiranana n'avait pas réussi à faire décoller l'économie nationale.L'impression de stagnation se doublait du constat que la domination extérieure continuait à s'exercer sur le pays.Le réveil de rivalités ethniques, la maladie du chef de l'État et les problèmes de sa succession font naître un malaise politique.La dépendance culturelle (le système d'enseignement reste calqué sur celui de la France) suscite des frustrations : le mot d'ordre de " malgachisation de l'enseignement " fédère tous les mécontentements qui s'expriment lors des troubles du mois de mai.
Le général Ramanantsoa reçoit les pleins pouvoirs : il instaure une nouvelle organisation constitutionnelle et procède à la malgachisation de l'économie et de l'enseignement.Il entend faire de la communauté rurale de base, le "fokonolona", l'élément fondamental de l'administration autogérée du pays.
1975.
La situation économique ne s'améliorant pas et l'équipe au pouvoir se révélant divisée, le général Ramanantsoa, le 5 février, transfère les pleins pouvoirs au colonel Ratsimandrava, qui est assassiné une semaine plus tard.Un Conseil Supérieur de la Révolution, où émerge la personnalité du capitaine Ratsiraka, devient le centre du pouvoir.
La IIe République est intronisée après le référendum du 21 décembre.Didier Ratsiraka devient Président de la République Démocratique Malgache, qui s'affiche socialiste et révolutionnaire.
1982.
Réélection de Didier Ratsiraka comme Président de la République.
Le régime a multiplié les réformes : décentralisation, nationalisation de l'économie, refonte des circuits de distribution, etc.Seuls les partis favorables à la révolution, réunis au sein d'un Front National de Défense de la Révolution Malgache, ont le droit de présenter des candidats aux élections (mais on ne saurait parler de monolithisme d'un parti unique, car la concurrence partisane a continué de jouer au sein du Front).La diplomatie malgache a affirmé son militantisme tiers-mondiste, en faveur d'un nouvel ordre économique mondial.
Cependant un mécontentement important est né de la dégradation de la vie économique et des rapports sociaux : repliement sur eux-mêmes des paysans, découragés de commercialiser leurs récoltes dans un système très bureaucratisé ; augmentation du coût de la vie ; insécurité généralisée.
1989.
Didier Ratsiraka est réélu Président de la République, avec 66 % des voix.Le tournant, timidement amorcé dès 1983, s'affirme : retour au multipartisme proclamé, abolition de la censure, libéralisation économique.Mais le pays reste encore meurtri.