10.8. LIBÉRATION CRÉOLE

Comme dans tous les pays créoles, la langue créole a été longtemps confinée, à Maurice, dans un rôle subalterne.Plus exactement, si le créole est de fait la langue la plus pratiquée aujourd'hui à Maurice (puisque la quasi-totalité de la population peut l'utiliser), il a longtemps été symboliquement dévalorisé : non pas langue, mais patois, pour l'usage des gens du peuple et peut-être pour la nostalgie des folkloristes.

C'est pourtant en créole que s'est constitué, au fil des trois siècles de l'histoire mauricienne, un trésor culturel commun : cet ensemble de contes, de proverbes, de devinettes, de chansons où s'est déposée la vision mauricienne du monde et de la vie.À la fin du XIXe siècle, un professeur du Collège Royal de Curepipe, Charles Baissac (1831-1892), avait eu l'idée de réunir les témoignages de la tradition orale créole.Son entreprise, fort ambiguë, hésitait entre nostalgie et paternalisme (la population " créole " de Maurice lui apparaissait comme " un peuple d'enfants " !).Il présentait son information comme essentiellement puisée auprès d'un vieux couple noir, Ppâ Lindor et Mmâ Télésille, qui lui avait procuré de quoi reconstruire un bel ensemble de contes créoles.Après avoir publié des Études sur le patois créole mauricien (Nancy, Berger-Levrault, 1880) et des Récits créoles (Paris, Oudin, 1884), il fit paraître en 1888, en édition bilingue, un Folklore de l'île Maurice (Paris, Maisonneuve et Leclerc ; réédition en 1967), qui présentait 28 contes créoles et une collection de chansons (ségas) et de sirandanes (devinettes ritualisées).Baissac y annonçait, dans un commentaire personnel, la mort de la littérature créole orale.Il la présentait comme une littérature d'outre-tombe : c'est un inventaire post mortem que ce volume.

En fait, la tradition orale mauricienne est une solide moribonde.Le conte n'a certes plus le statut qu'il a connu autrefois.Mais il existe encore des conteurs.Et le souvenir des fastes oraux demeure.Jean-Marie Le Clézio, voulant souligner son retour à Maurice par l'écriture, publie en 1990 un recueil de sirandanes (Sirandanes, suivies d'un petit lexique de la langue créole et des oiseaux).

Les premières tentatives d'écriture en créole mauricien remontent au début du XIXe siècle.François Chrestien, administrateur et " interprète auprès du Tribunal pour le patois mauricien ", fit publier à Port-Louis en 1822 ses Essais d'un bobre africain, transposition de fables de La Fontaine et poèmes originaux en créole.Parmi ceux-ci, cette " Nécrologie burlesque ", à la mémoire de son âne, composée pour se moquer du flux des nécrologies prolixes et ampoulées qui inondaient l'île Maurice (la plaisanterie ne fut d'ailleurs pas du goût de tous les compatriotes de Chrestien) :

Deux rééditions, en 1832 et 1869, augmentées de nouveaux poèmes, attestent du succès du genre ainsi inauguré.L'une des chansons du bobre africain, " Le Pauvre Diable ", semble d'ailleurs avoir été adoptée par la tradition orale.Alexandre Dumas la cite intégralement dans Georges, en faisant comme s'il s'agissait d'une chanson populaire.Chrestien a aussi écrit en créole pour le théâtre : Georges et Lindor (1838) et Scènes populaires en patois créole (1839). (1)

Plusieurs auteurs ont cherché à rivaliser avec François Chrestien, de Pierre Lolliot avec ses Poésies créoles (Port-Louis, Imprimerie du Mauricien, 1855) à Xavier Le Juge de Segrais (Lézize de Ségré, selon la forme créolisée de son nom), qui donne à quatre reprises ses Zolies Zistoires Missié Lafontaine dans créole Maurice (Port-Louis, 1939, 1952, 1972 et 1976).À l'imitation amusée de La Fontaine s'ajoute un autre domaine d'inspiration : la satire de l'actualité sur le mode des chansonniers.Ainsi des quelques poèmes en créole glissés par Henri Pitot dans ses Soirées d'abat-vent (1878).Ou bien du pitit badinaz proposé en 1867 par Henri Charles Descroizilles (sous le pseudonyme très XVIIIe siècle de Sans-Souci - à moins qu'il ne faille y lire une allusion à l'âne de François Chrestien !) : Navire fine engazé.Le sous-titre anglais (The Mauritius in danger) prend sens de ce que ce poème satirique en créole exprime en fait le désarroi de la vieille population mauricienne devant les transformations de l'île et l'installation en grand nombre des engagés indiens.

En 1925, sous le pseudonyme demeuré mystérieux de Philogène Soulsobontemps, à l'enseigne d'une improbable Imprimerie Grandporienne de Vieux Grand Port, paraît un petit ouvrage, Zistoire trésor bonnefemme Magon, qui marque une évolution décisive pour l'écriture créole.En effet, le créole n'y est plus seulement langue de chansonniers ou de fabulistes : il s'écrit en prose, et commence donc à revendiquer de pouvoir tout dire.Et il se trouve que Philogène Soulsobontemps cherche à rester le plus fidèle possible au " créole réel " :

Beaucoup dimoune ti prétend bonne femme Magon ti eine sourcier et qui, à soir, dans grands marées noires, li té alle faire so loup-garou ; mais vous connais ena des zences content blague blagué et souvente fois fini bonavini répitation bon bon dimoune ; bonhomme papa touzours té dire moi qui sa vié grand manman là té eine grand dimounde, qui li ti conne eine bane médecines pour la fièvre, tambave p'tits zenfants, toussé,dyssenterie, tout ça la.Bonnefemme là li alle rode souvent, paraze cimitières toute sortes qualités l'herbe pour li ranze so médecines : çà même domounde té dire li eine sourcier.

cité par Vinesh Hookoomsing, in : L. F. Prudent, Anthologie de la nouvelle poésie créole Paris, Éd. Caribéennes, 1984.

Mais à Maurice, comme dans les autres îles créoles, la promotion d'un créole " littéraire " s'accompagne de quelques ambiguïtés : on sourit en créole (on sourit du créole) d'autant mieux que l'on maîtrise parfaitement le français.Le créole reste une langue de distance, qui permet de poser une supériorité.Tous ces " primitifs " créoles sont des Franco-Mauriciens qui jouent à se mettre dans la peau de descendants d'esclaves.

Les choses changent quand le créole devient un enjeu symbolique dans la définition de la personnalité mauricienne.C'est René Noyau, alias Jean Erenne, qui accomplit pour la littérature en créole le même coup d'éclat qu'avec son Ange aux pieds d'airain pour la poésie en français : Tention caïma, en 1971, inaugure une écriture moderne du créole, qui tourne définitivement le dos aux complaisances et aux nostalgies coloniales.Reprenant un conte bien connu de la tradition mauricienne, René Noyau a l'ambition de faire zistoire lontan vine zistoire zordi.

Désormais, le créole littéraire ne sert plus à magnifier les nostalgies coloniales : il vise à s'adresser au plus grand nombre, pour l'aider à porter un regard critique sur la réalité mauricienne.Un double courant s'est dessiné, d'action militante, incarné par l'œuvre poétique et théâtrale, abondante et efficace, de Dev Virahsawmy, et d'autre part d'exploration des possibilités esthétiques de la langue, bien symbolisé par les premières tentatives romanesques en créole de Renée Asgarally.

Écrire en créole suppose résolu le problème de la transcription graphique.Les écrivains créoles de l'époque ancienne adoptaient une graphie étymologique, affichant sa filiation française.Dev Virahsawmy choisit une graphie normalisée et phonétique - parti-pris scientifique, qui est aussi une proclamation politique d'autonomie culturelle.Renée Asgarally adopte une graphie francisée sans grande cohérence, Lorens Sofi ressuscite une graphie phonétique légèrement déviante, proposée naguère par le linguiste Philip Baker.L'indécision graphique ne semble pas encore avoir été exploitée à des fins esthétiques.

C'est que l'écriture du créole est apparu d'abord comme un enjeu politique.Vinesh Hookoomsing (dans l'Anthologie de la nouvelle poésie créole (2), coordonnée par Lambert-Félix Prudent, 1984) constate qu'il n'y a pas eu à Maurice de " lutte de libération nationale " (au sens propre et violent de l'expression) pour conquérir l'indépendance et il suggère que la revendication de revalorisation du créole en a tenu lieu pour les jeunes générations mauriciennes désireuses de se débarrasser des vestiges coloniaux.Soit.Mais le créole s'est ainsi retrouvé au cœur des combats politiques et parfois identifié à la cause des partis qui le brandissaient dans leurs proclamations.D'où certaines réticences envers une écriture créole paraissant trop marquée par ses choix politiques.

Dev Virahsawmy, qui domine de son talent la scène littéraire créole, a pu souffrir de cette situation.Il est vrai que chez lui s'interpénètrent étroitement l'œuvre prolifique de l'écrivain et l'action du militant politique.Sa poésie, violente et optimiste dans son rêve d'avenir rassemblé, charrie dans son créole des emprunts à d'autres langues de Maurice, surtout au bhojpuri.Elle dénonce l'aliénation et l'oppression, proclame la nécessité de la Révolution.Elle dit aussi la foi en une mauricianité plurielle et symphonique, où toutes les composantes culturelles de l'île jouent leur partie.Les poèmes de Disik salé (1976) ou de Mo Rapel (1980) associent ainsi l'élan de la poésie militante et les rythmes empruntés aux chansons populaires.Mais c'est surtout vers le théâtre que Dev Virahsawmy s'est tourné, car il lui semble mieux à même de toucher et d'éclairer un vaste public.À condition que la censure n'interdise pas les représentations - comme c'est arrivé en 1976 avec LI (dont une version française a été primée au Concours théâtral de Radio France International).Bef dâ Disab (édité en 1980 dans une version trilingue : créole mauricien, français et créole réunionnais) aborde, de manière très didactique, le problème de l'alcoolisme des travailleurs.Plus complexes et d'une écriture plus maîtrisée, Zosef ek so paletot l'arc-en-ciel et Zénéral Makbèf témoignent de sa maturité d'écrivain.

Le théâtre en créole de Dev Virahsawmy

1979LI, version trilingue [créole mauricien, créole réunionnais, français], Saint-Louis (La Réunion).

1980Bef dâ disab, version trilingue [créole mauricien, créole réunionnais, français], Saint-Denis, Les Chemins de la Liberté. Trazédi Sir Kutta-Gram (ên badinaz futâ), Rose Hill, Bukié Banané.

1981Lôbrazlavi (soley feneâ), Port-Louis, Bukié Banané. Zeneral Makbef, Pies â III ak, Port-Louis, Buké Bananié.

1982Dropadi, Teks pu ên trazi-komedi mizikal bazé lor Mahabharata, Terre Rouge, Bukié Banané.

1983Dokter Nipat, pies â III ak, Rose Hill, Bukié Banané.

1984ABS Lemanifik, Rose Hill, Bukié Banané.

Avec Henri Favory et son " Grup I ", le théâtre en créole s'est imposé depuis 1974.Cette troupe travaille avec et pour un public très populaire (des travailleurs, des analphabètes, dit le metteur en scène).

Des chanteurs, des groupes engagés (adoptant la dénomination de Grup Kiltirel), refusant les facilités " folkloristes " du traditionnel séga, composent en créole des chansons qui atteignent, par la radio, la télévision ou le disque, un vaste public.Bam Cuttayen a rassemblé ses chansons militantes dans le recueil Nuvo lizur (1976).

Un météore, Lorens Sofi, qui se suicide en 1981, après s'être acquis une brève célébrité pour avoir jeté des pétards à l'intérieur de l'enceinte du Parlement mauricien, laisse quelques poèmes violents (Alfons, André) qui prêtent leur voix aux déclassés des périphéries urbaines.

Le roman de Renée Asgarally, Quand montagne prend difé... (1977) a été salué comme le " premier roman en créole mauricien ".Il s'inscrit parfaitement dans la tradition du roman de mœurs mauriciennes : une histoire d'amour impossible introduit dans la familiarité d'une modeste famille de " laboureurs " d'origine indienne et pose une fois de plus le problème des frontières raciales qui quadrillent la société mauricienne.

Azize Asgarally a porté au théâtre, avec Ratsitatane (1980), un épisode de l'histoire mauricienne du XIXe siècle.Le Malgache Ratsitatane, enfermé dans une prison mauricienne à la demande du roi Radama qui voulait s'en débarrasser, s'évade et prend la tête d'un complot, qui menace de mettre le feu à Port-Louis.Arrêté à la suite d'une trahison, Ratsitatane est condamné à mort et exécuté (sa tête, embaumée, a été conservée par le Musée de Port-Louis...).La pièce d'Azize Asgarally invite à une relecture de ces événements entrés dans la légende mauricienne et qui doivent être replacés dans le contexte international de l'époque : survivances esclavagistes et visées coloniales sur Madagascar.

Le regard rétrospectif porté sur les années 1980 donne l'impression d'un relatif piétinement de la littérature en créole.Peu d'œuvres s'imposent comme exceptionnelles.La nouveauté s'estompe.Les désenchantements militants brident les enthousiasmes poétiques.

Quelques signes pourtant d'un possible renouvellement de l'inspiration créole.La publication de poèmes en créole de la plume d'Édouard Maunick pourrait marquer une ouverture sur une écriture moins étroitement militante, mais soucieuse de développer tous les pouvoirs esthétiques du créole.

Bio-bibliographie de Marcel Cabon

1912 (29 février)Naissance à Curepipe-Road.Orphelin très jeune, il passe la plus grande partie de son enfance au village de Petite Rivière (transposé en " Brunepaille " dans ses contes et ses chroniques).

1931Publication de ses premiers vers dans L'Essor.Il a découvert la littérature en autodidacte passionné.La rencontre de René Noyau (Jean Erenne en poésie) lui révèle la poésie moderne ; en 1934, il illustrera sa plaquette L'Ange aux pieds d'airain, qui scandalise le conformisme littéraire mauricien.

1932Ébauches, Port-Louis, La Typographie Moderne [Plaquette de poésie].Roseaux, Port-Louis, The Modern Printing [Plaquette de poésie].

1933Fenêtres sur la vie, Port-Louis, La Typographie Moderne [Plaquette de poésie]. De mars à septembre, il parvient à faire paraître une revue littéraire : Vergers.

1935Diptyque, Port-Louis, The General Printing and Stationery Cy. Ltd. [Nouvelle]. Il travaille à la radio, comme présentateur.

1939Villa Fromalhaut, Port-Louis, The Standard Printing Estab. [Nouvelle].

1941Printemps, Port-Louis, The Standard Printing Estab. [Nouvelle].

1946-1947Séjour à Madagascar. Activités journalistiques. La situation intérieure de l'île devenant particulièrement tendue, il est expulsé par les autorités coloniales.Il publiera un roman, La Séraphine, en plusieurs livraisons dans la revue CALAM (1952).

1956Kélibé-Kéliba, Port-Louis, The Mauritius Printing Cy. Ltd. [Poésie]. Cette plaquette sera rééditée en 1964 (Port-Louis, Imprimerie M.T. Sidonie). Il devient rédacteur en chef du Mauricien, avant d'occuper les mêmes fonctions au quotidien Advance (qui défend les positions du Parti Travailliste).

1963Biographie de Ramgoolam, Port-Louis, Les Éditions Mauriciennes [Biographie du chef du Parti Travailliste mauricien].

1964Rémy Ollier, Port-Louis, Les Éditions Mauriciennes [Histoire].

1965Namasté, Port-Louis, Le Cabestan, The Royal Printing [Roman].Le roman sera réédité en 1981, à l'occasion de son inscription dans les programmes scolaires.

1966Le Rendez-vous de Lucknow, Port-Louis, The Mauritius Printing Cy. Ltd. [Récit de voyage].Laurent Rivet, Port-Louis, Regent Press, [Histoire].

1970Abandonne la direction d'Advance, pour devenir Chef du Service de l'Information de la Radio-Télévision Mauricienne.

1971Michel Darmon, poste restante, Port-Louis, Mauritius Printing [Essai].Beau-Bassin, petite ville (ouvrage en collaboration avec Pierre Renaud), Port-Louis, Club Mauricien du Livre Français [Essai].

1972 (31 janvier)Il meurt, laissant une grande partie de son œuvre éparse dans les journaux (des chroniques, les Contes de l'enfant bihari, publiés dans Advance, de même qu'un roman, Brasse-au-vent), ou bien envolée au fil des ondes (des pièces radiophoniques : Le Pain de chaque jour ; Malika et le Mendiant). Les manuscrits des Chroniques de Brunepaille, des poèmes de La Cosse et l'amande sont demeurés inédits.

1981Réédition de Namasté (Éditions de l'Océan Indien), suivie de nombreux retirages, pour répondre aux besoins de l'enseignement qui a inscrit ce roman à ses programmes.

À consulter :

CALLIKAN-PROAG, Aslakha, Marcel Cabon : rêve et réalité, Port-Louis, ACP, Regent Press, 1982.

Bio-bibliographie de Raymond Chasle

Né le 18 juillet 1930à Brisée Verdière, Raymond Chasle a étudié à l'université de Londres. Il a enseigné le français et l'anglais dans plusieurs collèges de l'île Maurice, puis s'est tourné vers une carrière diplomatique.Il a occupé plusieurs postes importants, à Paris et à Bruxelles (notamment comme ambassadeur auprès de la Communauté Européenne).C'est à Bruxelles qu'il a fondé en 1975 (avec Jean-Claude d'Avoine et Joseph Tsang Mang Kin) la revue L'Étoile et la Clef, qui a publié des poètes originaires de l'île Maurice comme de plusieurs autres pays francophones.Son œuvre poétique comprend :

1970Le Corailleur des limbes, précédé de Versos interdits, Paris, P.-J. Oswald.

1973Vigiles irradiés, Paris, Éd. Saint-Germain-des-Prés.

1975L'Alternance des solstices, Paris, Éd. Saint-Germain-des-Prés.

1976Le Rite et l'Extase, Bruxelles, L'Étoile et la Clef." Le Regard transversal ", in L'Étoile et la Clef, n° 2, pp. 5-6 et n° 3, pp. 4-5." Les Rites atlantes des oiseaux mages ", in : L'Étoile et la Clef, n° 4 (octobre-décembre 1976), pp. 8-15.

À consulter :

RAMASAWMI, Devi, Le Mythe dans la poésie de Raymond Chasle [Thèse de Rennes II], Préface d'Armand Maudave, s.l. [île Maurice], I.P.L., s.d.

Bio-bibliographie d'André Masson

Né à Rose-Hill en 1921, André Masson s'est d'abord dirigé vers le séminaire et les études de théologie. Devenu journaliste en 1948, il a été rédacteur au Cernéen et à Advance. Il fut longtemps rédacteur en chef du Mauritien et il a régulièrement collaboré à l'hebdomadaire Week-End auquel il donnait, jusqu'à sa mort, en 1988, des textes littéraires. Plusieurs radios européennes ont mis en onde les pièces qu'il avait écrites pour elles.

1950Le Pas de porte, Port-Louis, The Almadinah Printing Press [Poésie].

1951Le Premier livre des clefs [sous le pseudonyme de Jean Anonymus], Port-Louis, The Mauritius Printing Cy. Ltd. [Poésie].

1955Thérèse Martin, Port-Louis, Regent Press [Biographie].

1961Un temps pour mourir, Paris, Calmann-Lévy [Roman].

1963Le Chemin de pierre-ponce, Paris, Calmann-Lévy [Roman].

1966Le Temps juste, Paris, Calmann-Lévy [Roman]. L'Étoile, Port-Louis, Regent Press [Théâtre].

1969Les Chemins de l'eau et du feu, Autobiographie parue en feuilleton dans Le Mauricien, pendant le mois de septembre.

1971La Verrue. Pièce en 3 actes, Port-Louis, Regent Press and Stationery [Théâtre].La Conversation, Port-Louis, Regent Press and Stationery, [Théâtre].

1975La Célébration des dieux [Théâtre], publié en feuilleton dans Libération.

1976La Verrue, Dakar/Abidjan, Nouvelles Éditions Africaines [Roman].Les Voyageurs de l'espoir, Paris, " L'Avant-Scène ", n° 500 [Théâtre].

1979Chants de l'exil et photos mystiques, Les Pailles (Île Maurice), Henry et Cie [Poésie].

1984Icare ou La Préfiguration, Port-Louis, Lemwee graphics, [Roman].

1987La Divine Condition, Paris, Karthala [Roman].

À consulter :

PAVILLON, Berthe du, Le Rôle du paysage mauricien dans l'œuvre romanesque de Loys et André Masson, Port-Louis, Imp. Père Laval, s.d.

Complément bibliographique

L'ouvrage de Jean-Georges PROSPER, Histoire de la littérature mauricienne d'expression française (Paris/île Maurice, F. Nathan/Éditions de l'océan Indien, 1978) dresse le tableau de la littérature mauricienne jusqu'à 1975.

Sur la poésie mauricienne contemporaine :

Sur la littérature créole mauricienne :

HOOKOOMSING, Vinesh, " Langue créole, littérature nationale et mauricianisme populaire ", in : Lambert-Felix PRUDENT, Anthologie de la nouvelle poésie créole, Paris Éditions Caribéennes, 1984, pp. 376-433.